
Les innombrables heures d'entraînement passées sous l'eau et sur les simulateurs sont sur le point de porter fruit pour l'astronaute canadien Steve MacLean. En effet, ce dernier effectuera une sortie dans l'espace dans le cadre de la mission STS-115 à destination de la Station spatiale internationale. Deuxième Canadien de l'histoire à s'aventurer dans le vide spatial, Steve Maclean réalisera une activité extravéhiculaire cruciale visant à terminer l'installation des nouveaux panneaux solaires livrés par la navette spatiale Atlantis en vue d'augmenter la production d'énergie sur le complexe de recherche orbital.
Cette troisième mission seulement depuis l'accident de la navette Columbia en 2003 correspond à la 19e visite de la navette spatiale à la station et marquera le début d'une nouvelle phase d'assemblage. La Station spatiale internationale constitue le projet spatial le plus imposant et le plus complexe de toute l'histoire de l'humanité. Au total, 15 pays y participent. Le principal objectif de Steve MacLean et de ses six collègues au cours de cette mission d'une durée de 12 jours sera d'installer un nouveau segment de la poutrelle de la station et de veiller à ce que les panneaux solaires connexes fournissent la puissance voulue à l'avant-poste orbital.

Joseph Tanner, astronaute pour le compte de la NASA, lors de sa sortie dans l'espace en 2000. On peut apercevoir derrière lui un panneau solaire nouvellement déployé. Tanner effectuera la première sortie extravéhiculaire prévue au cours de la mission STS-115. (Photo : NASA)
Après l'inspection de la navette – pour déceler tout dommage ayant pu être causé pendant la phase d'ascension – puis l'amarrage à la station tôt au cours de la troisième journée de la mission, les membres de l'équipage d'Atlantis entreprendront la nouvelle phase d'assemblage. Le programme de Steve MacLean s'annonce chargé et comprendra plusieurs tâches complexes. L'astronaute canadien devra notamment répartir son temps entre la commande du Canadarm2, qui servira alors de grue d'assemblage de la station, et les préparatifs en vue de son exigeante sortie dans l'espace.
Vers la fin de la troisième journée de la mission, Joseph Tanner préparera les prochaines activités extravéhiculaires en se servant du bras robotique Canadarm de la navette spatiale pour saisir l'imposant segment de poutrelle P3/P4 remisé dans la soute de la navette. Il remettra cette charge utile de 17,5 tonnes au Canadarm2, commandé par Steve Maclean, pour qu'il la range jusqu'au lendemain. Le jour suivant, Steve MacLean, toujours aux commandes du bras robotique de la station, positionnera la structure et l'installera à l'extrémité du segment P1 tandis que les astronautes Joseph Tanner et Heidemarie Stefanyshyn-Piper effectueront la première sortie spatiale et procéderont au branchement du segment.
Au cinquième jour de la mission, l'astronaute canadien Steve MacLean et son collègue Dan Burbank enfileront leur combinaison spatiale afin de réaliser la deuxième des trois sorties spatiales inscrites au programme. Or, plusieurs préparatifs seront nécessaires avant qu'ils puissent s'aventurer hors du sas, dans l'environnement impardonnable de l'espace, pour une excursion de six heures et demie.
La nuit précédant leur sortie extravéhiculaire, Steve MacLean et Dan Burbank vérifieront les éléments de leur combinaison spatiale ainsi que leurs outils. Ils s'isoleront ensuite dans le sas américain Quest où ils devront passer la nuit. Dans le sas, ils porteront un masque à oxygène tandis que la pression de l'air environnant sera graduellement réduite de façon à éliminer l'azote de leur organisme. Il s'agit d'une procédure identique à celle que mettent en pratique les plongeurs sur Terre pour éviter de souffrir du mal de décompression. Dans la matinée du jour 5, après avoir passé en revue leur liste de vérification faisant état des tâches à accomplir lors de l'activité extravéhiculaire et après avoir revêtu leur combinaison spatiale, les deux astronautes évacueront l'air du sas, ouvriront l'écoutille et sortiront dans l'espace.

L'astronaute
Chris Hadfield de l'Agence spatiale canadienne se préparant pour sa sortie dans l'espace
afin d'installer le Canadarm2 sur la Station spatiale internationale
en 2001. (Photo : NASA)
Se déplaçant à l'unisson avec la navette spatiale et la station à 28 000 kilomètres à l'heure, à plus de 400 kilomètres d'altitude, Steve MacLean et Dan Burbank passeront la majeure partie de leur temps à préparer la nouvelle articulation rotative SARJ en vue de son activation. Grâce à cette articulation, les panneaux solaires pourront tourner à 360 degrés et suivre le Soleil tout au long de l'année. Steve MacLean retirera avec précaution les six dispositifs de fixation de lancement, les quatre couvertures de protection thermique ainsi que les seize verrous de lancement du SARJ. Une fois l'ajout des nouveaux panneaux solaires et de l'articulation SARJ complété, la station pourra compter sur une source d'alimentation fiable. Ainsi, sa puissance maximale sera doublée (jusqu'à un maximum de 128 kilowatts) afin de subvenir aux besoins dictés par les activités toujours plus nombreuses à bord de la station.

Alors que Steve MacLean réalisera sa sortie dans l'espace, Heidemarie Stefanyshyn-Piper sera devant le poste de travail robotisé d'où elle commandera le Canadarm2 et ses systèmes de caméras. Pendant ce temps, les contrôleurs au sol canadiens superviseront toutes les activités robotiques depuis le siège social de l'Agence spatiale canadienne, à Longueuil, au Québec, et le Centre spatial Johnson, à Houston, au Texas.
Plus tard, au cours de la cinquième journée de la mission, tandis que Steve MacLean et Dan Burbank se reposeront après leur exténuante activité extravéhiculaire, les contrôleurs au sol transmettront les commandes qui permettront de déployer les nouveaux panneaux solaires avant de les activer. Tout sera alors en place pour la troisième sortie spatiale qui aura lieu au jour 7 de la mission et au cours de laquelle les astronautes Heidemarie Stefanyshyn-Piper et Joseph Tanner retireront les derniers dispositifs de retenue et d'arrimage sur la poutrelle.
La technologie et le savoir-faire du Canada ont été au cœur des activités d'assemblage de la station depuis la mise en orbite du tout premier module en 1998. Mais cette fois-ci, le génie canadien sera mis en vedette comme jamais auparavant. Le télémanipulateur Canadarm de la navette spatiale, la nouvelle perche d'inspection et ses caméras 3D spécialisées, le bras robotique Canadarm2 de la station et son système de vision informatisé, Steve MacLean et les contrôleurs de mission au sol joueront tous un rôle déterminant en assurant le succès des différentes phases de construction. « Cette première mission d'assemblage de la station de l'ère post-Columbia revêt une importance particulière pour le Canada, de dire Steve MacLean. Il s'agit sans contredit de la mission qui, à ce jour, mettra le plus à profit l'expertise canadienne. »