Bonjour, je suis Chris Hadfield, astronaute à l'Agence spatiale canadienne. Ici, à côté de moi, se trouve un système de fabrication canadienne qui s'avère essentiel à la reprise sécuritaire des vols de la navette spatiale.
J'ai eu la chance de voyager dans l'espace à deux reprises. Mon premier vol m'a emmené vers la station spatiale russe MIR. Pendant sa construction, mon rôle était de manipuler le Canadarm - le bras robot qui équipe la navette - en vue de l'assemblage d'une section de MIR.
Lors de mon deuxième vol, nous avons transporté le Canadarm2 pour l'installer sur la Station spatiale internationale. J'ai effectué des sorties extravéhiculaires pour le déployer, l'assembler, le mettre sous tension. Depuis son entrée en service, il contribue sans cesse aux travaux d'expansion de la station.
Et maintenant, pour la reprise des vols, je suis, en tant que Canadien, chef de la robotique au Bureau des astronautes à Houston. Nous avons surtout consacré notre temps sur cette perche robotique qui portera les lasers et les préhenseurs-connecteurs. Elle sert à allonger la portée du Canadarm et du Canadarm2 pour qu'ils puissent inspecter tout l'extérieur du vaisseau. Nous voulons éviter à tout prix que ce qui est arrivé à Columbia se reproduise.
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Derrière moi, les techniciens s'affairent aux derniers travaux d'assemblage de l'ensemble de perche intégré (IBA), ou ce que les astronautes désignent " la perche d'inspection ". Il s'agit d'un outil étonnant qui a un rôle bien précis.
Après l'accident de Columbia, il nous fallait absolument nous doter de la capacité d'inspecter toutes les parois extérieures de la navette. La désintégration de Columbia dans l'atmosphère était due à un problème que nous ignorions alors. Nous ne pouvions pas voir les dommages et en examiner l'ampleur. Nous avons eu une horrible surprise. Depuis, on exige que tous les points difficiles d'accès de la navette puissent faire l'objet d'une inspection. C'est à cela que sert la perche IBA.
Voici comment elle fonctionne. Le bras de la navette spatiale peut se déployer et s'accrocher au point d'ancrage que vous voyez ici. On installera un préhenseur-connecteur ici de sorte que le bras de la navette puisse saisir la perche. Un autre dispositif semblable sera placé au milieu de la perche, environ là où se trouvent les techniciens. Le bras de la station, Canadarm2, pourra s'y accrocher. Ensemble, les deux bras pourront sortir la perche de la soute et pointer la partie travaillante qui se trouve à l'extrémité sur les zones à inspecter. Les outils installés à l'extrémité de la perche, l'extrémité travaillante, sont des lasers. Ces lasers peuvent voir ce qui est invisible pour l'œil humain et même pour une caméra vidéo, et peuvent scruter de minuscules détails sur les parties fragiles les plus importantes des parois extérieures. Les lasers peuvent détecter les dommages qui pourraient s'avérer fatals pour la navette au moment de sa rentrée dans l'atmosphère terrestre.
C'est cette perche, et les lasers montés à l'extrémité, dont un a été fabriqué par Neptec, ici à Ottawa, ainsi que l'ensemble du système assemblé par MDA, qui assureront la sécurité des astronautes lors de tous les futurs vols de la navette.
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Imaginez que vous êtes un astronaute à bord de la navette spatiale. Vous avez décollé hier et vous êtes en orbite. On est dans la matinée du jour 2 de la mission. C'est le jour où vous êtes appelé à faire l'inspection complète de l'extérieur de votre vaisseau pour déceler toute trace de dommage. Vous êtes à la recherche de fissures ou de perforations qui auraient pu résulter de la force de propulsion au moment du lancement.
Pour y parvenir, vous allez utiliser cette perche et les lasers qu'elle porte à son extrémité. Voici ce que vous devez faire : vous devez vous rendre à l'arrière de la navette et saisir les manettes de commande du Canadarm, le bras robot qui est fixé en permanence sur la navette. Vous devez le déployer pour qu'il saisisse la perche, la sorte de la soute et l'utilise pour inspecter tous les endroits difficiles d'accès. Comme un énorme miroir de dentiste, la perche vous permet d'aller examiner les détails qui, autrement, restent invisibles pour vous.
Vous devez effectuer une longue séquence de manœuvres délicates et bien orchestrées pour que le bras balaie toute la partie inférieure de l'aile et du ventre et même tout le nez de la navette et ainsi scruter les zones les plus vulnérables aux dommages. Les lasers nous permettent de déceler des fissures extrêmement fines ou, pire encore, de grosses perforations et autres dommages du genre.
Le jour 4 de la mission, on répète les manœuvres d'inspection en faisant appel au bras robot de la station spatiale. Il s'étendra jusqu'à la partie centrale de la perche, la sortira de la soute et la déploiera dans l'espace. Un autre groupe d'astronautes aux commandes du bras de la navette lui fera saisir la perche, comme le bâton dans une course à relais, de sorte à faire une inspection complète de la navette. Le bras canadien de la navette et le bras canadien de la station qui s'échangent cette perche de fabrication canadienne sont à la base du retour sécuritaire de la navette dans l'espace.
Mais que fait-on de toute l'information ainsi recueillie? Les lasers transmettent toutes ces données le long de ces fils par liaisons électriques jusqu'aux systèmes à l'intérieur de la navette. Les données sont enregistrées à bord, relayées vers la Terre puis transmises aux scientifiques et techniciens qui, après examen, détermineront si les dommages décelés sont graves ou non. S'agit-il d'un dommage qui peut résister à la rentrée atmosphérique ou qui doit être absolument réparé? S'il faut le réparer, comment les astronautes pourront-ils sortir dans l'espace et utiliser le matériel dont ils disposent pour s'approcher de la zone à réparer? Les astronautes peuvent se déplacer dans l'espace en se fixant à l'extrémité du Canadarm et du Canadarm2. Mais s'ils doivent atteindre un endroit particulièrement difficile d'accès, ils pourraient être appelés à se tenir à l'extrémité de cette perche, les pieds bien calés dans les étriers prévus à cette fin. La perche agirait alors comme une nacelle élévatrice qui positionnerait les astronautes de sorte qu'ils puissent non seulement détecter les dommages, mais également transmettre l'information au sol. Ainsi, tout est en place pour aider les astronautes à faire de leur mieux et à régler le problème avant de retourner sur Terre, en toute sécurité, à bord de la navette.
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Nous sommes au Laboratoire David Florida, à Ottawa. Je suis à côté de la perche d'inspection qui sera placée à bord de la navette spatiale lors de la reprise des vols. C'est un élément canadien d'une grande importance qui contribue à la sécurité des futurs vols de la navette.
La perche est constituée de pièces fabriquées un peu partout au Canada et assemblées les unes aux autres par MDA. Ces pièces sont essentielles aux opérations de la perche dans l'espace. Dans l'ensemble, elle mesure environ 15 mètres de long et pèse quelque 250 kilogrammes sur Terre - et rien du tout dans l'espace. Certaines pièces proviennent du bras qui équipe la navette spatiale, celui-là même qui équipait la navette dans laquelle Marc Garneau a pris place au début des années 1980. D'autres pièces sont flambant neuves et ont été construites expressément pour cette perche. Elle sera transportée à bord de la navette et utilisée en tandem avec le Canadarm pour inspecter tout l'extérieur du vaisseau. Elle nous permettra d'éviter une autre tragédie, comme celle de Columbia, il y a deux ans.
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