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Canadarm2 – Une odyssée de 20 ans

Canadarm2

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À la mi-juillet, le Canadarm2 entreprendra sa première tâche d’importance dans le cadre de l’assemblage de la Station spatiale internationale (ISS) avec l’installation d’un sas de six tonnes et demie qui permettra aux astronautes d’effectuer des sorties extravéhiculaires à partir de la Station.

La mission, qui constitue une étape essentielle aux prochains travaux d’assemblage de la Station, sera le point culminant d’une odyssée entreprise il y a plus de 20 ans par les personnes qui ont élaboré le concept unique du Canadarm2, qui ont insufflé la vie aux pièces métalliques et aux composantes électroniques et qui ont guidé le projet à travers une série de longues et complexes négociations politiques et techniques au terme desquelles le Canada a obtenu la permission d’installer le Canadarm2 sur l’ISS.

Au mois d’avril dernier, pendant la mission STS-100, on remarquait parmi ces pionniers d’une nouvelle ère un sentiment d’euphorie après l’installation réussie du bras robotique sur la Station par l’astronaute canadien Chris Hadfield. « J’étais particulièrement ému, admet Savi Sachdev, directeur général des Systèmes spatiaux de l’Agence spatiale canadienne (ASC). C’était vraiment étonnant de voir un rêve se concrétiser. » Sachdev, qui détient un brevet pour la conception du Canadarm2, était membre de l’équipe de conception de Spar Aérospatiale Ltée (maintenant MD Robotics), l’entreprise de Brampton qui a fabriqué le Canadarm2 ainsi que son prédécesseur, le Canadarm, qui est installé à bord de la navette spatiale.

Quant à Mac Evans, président de l’ASC qui a participé à d’intenses négociations tant au plan national qu’international (entre le Canada et les États-Unis) dans le but de garder le projet sur les rails et de respecter le budget établi, la vue du Canadarm2 fixé sur la Station a fait naître en lui le sentiment du devoir accompli. Il se dit particulièrement fier, car il sait qu’il a joué un rôle important dans la réalisation de ce projet et qu’il a mené plusieurs batailles dans le but de faire approuver ce dernier.

Il en va de même pour Karl Doetsch qui considère la mission STS-100 comme le point culminant d’un projet de grande envergure qui a occupé une grande partie de sa vie. Travaillant maintenant pour le compte de l’Université internationale de l’espace, Doetsch est allé « au front » avec Evans à titre de dirigeant du Programme canadien de la Station spatiale pendant plus d’une douzaine d’années. Il a été particulièrement impressionné par la contribution sans précédant du Canada à la mission STS-100. Non seulement les deux Canadarm et Chris Hadfield, qui est devenu le premier Canadien à réaliser une sortie dans l'espace, ont-ils participé à cette mission déterminante, mais également les équipes d’appui au sol et les autres secteurs technologiques par l'entremise du poste de robotique, situé à l’intérieur de la Station spatiale et utilisé par les astronautes pour commander le Canadarm2, ainsi que du Système de vision spatiale qui a fournit à ces derniers des points de repère pendant la télémanipulation du bras robotique.

« Je suis fier de l’excellent travail accompli par cette merveilleuse équipe avec qui j’ai pu tisser des liens d’amitié et avec qui j’ai partagé les difficultés, les échecs, les réussites et les joies de ce projet, a souligné Doetsch. Il y a 25 ans de cela, le Canada était complètement absent des vols spatiaux habités. Aujourd’hui, nous pavons la voie aux importantes activités spatiales que le Canada entreprendra dans l’avenir. La mission STS-100 a été une étape marquante dans l’exploration humaine de l’espace par le Canada ainsi que dans l’établissement d’une présence humaine permanente dans cet environnement particulier. Je suis très heureux d’avoir fait partie de l’équipe de l’Agence à ce moment très particulier de son histoire. »

Jim Middleton, maintenant vice-président, Développement de l’entreprise, chez MDR, était responsable du projet Canadarm chez Spar. Lui aussi a trouvé que le lancement de la mission STS-100 a été « un moment rempli d’émotions. Après toutes ces années passées à travailler sur le projet, et malgré tous les ennuis, ce fut toute une expérience que de voir la navette s’élever dans le ciel ». Mais l’ingénieur en lui croit que le moment le plus captivant a été le déploiement complet du Canadarm2, lorsque ce dernier a été extrait de la palette métallique qui lui a servi de berceau pour le lancement et qu’il s’est agrippé à la Station spatiale pour la première fois.

Pour lui, ces événements ont constitué une confirmation tangible du travail effectué pendant toutes les années consacrées à la conception et à la construction d’une nouvelle technologie complexe, ponctuées de nombreux défis. Le « moment de gloire » est arrivé lorsque le Canadarm2 a effectué ce que l’on appelle désormais la manœuvre en tangage. Il s’agit d’une manœuvre au cours de laquelle l’articulation du coude et les segments des deux bras sont à la verticale pendant que les « mains » des deux Canadarm sont solidement réunies. Une telle manœuvre ne peut être effectuée que par un télémanipulateur possédant sept degrés de liberté et « met rudement à l’épreuve les logiciels et le matériel », souligne Middleton. « La manœuvre a démontré avec certitude la fonctionnalité du télémanipulateur. Ce dernier ne s’est pas bloqué, il n’y a pas eu de pépins sur le plan logiciel, il a fait ce qu’il devait, et même mieux que ce que nous avions anticipé. Voilà ce qui importait. »

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